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Histoires autochtones

Chevauchées Unity Ride de la Première Nation Sioux Valley Dakota et l'importance d'y mettre du cœur

Cette histoire a été publiée à l'origine sur le blogue Parlons carburant de Petro-Canada.

« Les chevaux – les šúŋka wakáŋ – rendent les gens heureux. Ils favorisent la guérison. »

Helena Mazawasicuna m'a parlé du rôle sacré des chevaux dans la culture des Dakotas.

« Les chevaux donnent de la force et de l'espoir aux gens. Ils portent nos prières et nos émotions. Ils le sentent quand nous avons besoin d'eux. »

Helena est résidente de la Première Nation Sioux Valley Dakota et opératrice à l'établissement Petro-Canada de Sioux Valley, qui se trouve sur le territoire de la Première Nation Sioux Valley Dakota, près de Griswold, au Manitoba. L'année dernière, j'ai discuté avec Helena de la signification de la Journée du chandail orange et des mesures que peuvent prendre les Canadiens non autochtones pour améliorer la sensibilisation aux peuples autochtones et la réconciliation. Je suis très heureuse de m'entretenir une fois de plus avec elle pour discuter des deux récentes chevauchées Unity Ride, organisées par les membres de la Première Nation Sioux Valley Dakota.

« Nous organisons les chevauchées Unity Ride de la Première Nation Sioux Valley Dakota pour différentes causes, que ce soit la sclérose en plaques, la sensibilisation au don de rein, les femmes autochtones disparues et assassinées ou encore la rafle des années 60. Puisque les chevaux sont sacrés, beaucoup d'Autochtones en veulent à leurs funérailles. »

L'établissement Petro-Canada de Sioux Valley et les Unity Riders, des cavaliers de la Première Nation Sioux Valley Dakota, ont organisé deux chevauchées Unity Ride en mémoire des enfants autochtones retrouvés sur les sites de pensionnats autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique et à Brandon, au Manitoba, et pour honorer les survivants des pensionnats autochtones. Helena est l'une des cavalières.

« Monter sur un cheval pour porter notre prière est une expérience extraordinaire. Il faut respecter la vision et suivre le rythme. On ne fait qu'un avec le cheval. »

Lorsque les cavaliers arrivent à destination, ils partagent un repas avec les esprits des enfants.

« Peu importe ce que nous mangeons, nous partageons notre repas. Pour les enfants, nous plaçons des bonbons sur le dessus de leurs bols – tous les enfants aiment les bonbons. Ils mangent en premier. Puis, après la prière, notre groupe mange. Lorsque nous nourrissons les esprits, nous pouvons sentir leur présence. Nos enfants veulent être entendus de l'autre côté. Ils veulent être réunis avec leur famille. »

Sur le compte Instagram de Petro-Canada, nous publions plusieurs photos et vidéos, y compris celles d'Helena provenant des deux chevauchées Unity Ride.

Les découvertes récentes – et en cours – des tombes anonymes d'enfants sur le site d'anciens pensionnats autochtones au pays rouvrent de vieilles blessures. Toutefois, Melissa Tacan, aussi membre de la Première Nation Sioux Valley Dakota, a bon espoir que les gens – autochtones et non autochtones – seront plus ouverts à discuter et à dire la vérité.

« (Quand j'étais jeune), j'avais toujours l'impression que c'était un sujet tabou. Maintenant, tout le monde en parle. Ma grand-mère a commencé à en parler pour la première fois... peut-être que tous les enfants vont finalement être retrouvés et reconnus. Nous pourrons enfin tourner la page. Les gens vont vraiment s'en soucier. »

Melissa, une directrice à l'établissement Petro-Canada de la Première Nation Sioux Valley Dakota, s'est aussi entretenue avec moi l'année dernière au sujet de la Journée du chandail orange. Je suis reconnaissante qu'elle ait choisi de partager ses réflexions et ses souhaits à l'égard des répercussions des découvertes sur les sites des pensionnats autochtones.

« Nos familles veulent savoir ce qui s'est passé avec leurs enfants, leurs frères et leurs sœurs. Beaucoup d'histoires (sur le traitement des peuples autochtones) n'ont pas été racontées. Nous devons parler de ce qui s'est produit et nous faire entendre... les gens semblent plus réceptifs, maintenant. Dans le passé, cette tranche d'histoire n'était pas suffisamment importante. Maintenant, nous devons tous y mettre du cœur. »

La phrase de Melissa nous demandant de tous y mettre du cœur m'a interpellée. Elle s'aligne sur ce qu'Helena a dit : « Si vous voulez vous y intéresser, vous devez savoir qu'il y a beaucoup de choses (à découvrir). »

Comme beaucoup de Canadiens, j'ignorais le traitement abominable qu'infligeaient notre gouvernement et nos institutions religieuses aux peuples autochtones, particulièrement les gestes autorisés par la Loi sur les Indiens. Si vous cherchez un livre qui décrit clairement et de façon succincte les répercussions – passées et actuelles – qu’a eu la Loi sur les Indiens sur les peuples autochtones du Canada, je vous suggère 21 Things You May Not Know about the Indian Act: Helping Canadians Make Reconciliation with Indigenous Peoples a Reality de Bob Joseph (en anglais seulement), fondateur de la société Indigenous Corporate Training Inc. et membre de la tribu Gwawaenuk, située dans le détroit de la Reine-Charlotte du district Central Coast en Colombie-Britannique, au Canada. Le livre est basé sur un article écrit par l'auteur pour CBC (en anglais seulement), qui porte le même titre.

Comme toujours, je suis reconnaissante qu'Helena et Melissa m'aient raconté leurs histoires et me permettent de les partager avec nos lecteurs. Je vous encourage à regarder les photos et les vidéos sur notre compte Instagram; le pouvoir de guérison des chevaux – les šúŋka wakáŋ – est vraiment mis de l'avant.

~Kate T. (elle)