Perlage autochtone

Artiste de logo perlé – Janice Johnstone

Même si Janice Johnstone, membre de la Nation crie de Muskeg Lake, pratique le perlage depuis plus de 20 ans, elle n'avait jamais créé de capteur de rêves comme celui-ci auparavant. « J'en fais des petits pour la voiture ornés de plumes. Et j'en ai déjà fait un grand décoré de franges. Mais jamais un aussi grand avec une pièce centrale. J'ai utilisé le plus grand cerceau que j'ai pu trouver. La toile y occupe la moitié de l'espace, et la pièce centrale, l'autre moitié. Mais les franges ont été la partie la plus difficile. »

Si on regarde de plus près, on peut voir les petites plumes que Janice a tissées à l'aide de perles autour du cerceau du capteur de rêves. « J'ai choisi les plumes, car elles sont sacrées dans notre culture. J'ai pensé à utiliser des tipis, mais il était plus logique d'utiliser des plumes. »

C'est la grand-mère de Janice, la mère de son père, qui lui a enseigné la technique du perlage, elle qui fabriquait des mocassins. Janice, qui allait à la maternelle à l'époque, pouvait regarder, mais n'était pas autorisée à toucher aux perles. Sa petite-fille cadette a environ le même âge aujourd'hui, ce qui a permis à Janice de mettre les choses un peu en perspective. « Elle aime mettre le désordre dans les perles! » dit-elle en riant. Mais le perlage est vraiment une affaire de famille pour Janice. « Ma petite-fille aînée m'aide à gérer ma collection de perles. Et mes deux filles, à qui j'ai enseigné le perlage, et ma mère m'aident avec mes projets. »

Le perlage est une source de détente pour Janice, parce que c'est un processus qui prend du temps – elle a dû travailler huit heures par jour, chaque jour pendant environ six semaines pour créer le capteur de rêves de Petro-Canada. Elle doit s'assurer de ne pas accepter un trop grand nombre de projets. En plus des capteurs de rêves plus petits, Janice a créé des épinglettes de coquelicots et de chandails orange, ainsi que plusieurs médaillons que les gens peuvent porter, souvent ornés de pattes d'ours ou de logos d'équipes de hockey. « J'ai créé un médaillon pour le chef de la Nation crie de Muskeg Lake. Il a servi dans l’armée canadienne, et le médaillon représentait son peloton (3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry). »

La mère et les parents de la mère de Janice sont allés à un pensionnat. Mais elle n'était pas au courant des enfants disparus ou décédés. Sa mère et sa famille n'en ont jamais parlé. « J'ai grandi à Saskatoon. J'étais autorisée à visiter la réserve, mais je n'ai jamais dû aller aux pensionnats. Tous mes amis ont un membre de leur famille qui y est allé. C'est pourquoi le processus de vérité et de réconciliation est si important. Il honore tous les enfants qui ont été volés. Ils étaient notre avenir, et ils ont été enlevés. »

Pour Janice, des initiatives comme le projet de logo perlé de Petro-Canada contribuent de façon importante au processus de vérité et de réconciliation. « Demander à des artistes autochtones de participer et partager les cultures autochtones, ça aide. Afficher un logo comme celui-ci, autant à des établissements à travers le Canada qu'en ligne, ça aide. C'est une forme de reconnaissance de ce que les Autochtones ont vécu. C'est une idée géniale et je suis honorée qu'on m'ait demandé de participer. »

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